Crea sito

Egalité formelle dans la loi, mais inégalités réelles pour les femmes !

par Annick Coupé, president Attac France (abstract)

Première session, 12 octobre matin

En France, comme dans d’autres pays européens, nous avons assisté à une montée spectaculaire du travail féminin, alors que l’emploi masculin stagnait. Du début du XXe siècle, à aujourd’hui, la population active est passée de 7 à 14 millions pour les femmes et de 13 à 16 millions pour les hommes.
Au début des années 60, les femmes représentaient le tiers du salariat, elles en constituent aujourd’hui la moitié.

L’autre évolution majeure, c’est la place prise par les filles à l’école et à l’université où elles réussissent mieux que les garçons. Depuis 1971, les bachelières (examen clôturant les études secondaires avant l’entrée à l’université) sont plus nombreuses que les bacheliers, et depuis 1975
le nombre d’étudiantes dépasse celui des étudiants…

Représentant la moitié du salariat , étant plus diplômées, les femmes, en toute logique, devraient être les égales des hommes sur le marché du travail. Il n’en est rien !

Sous la pression des luttes féministes, depuis les années 1970, beaucoup de textes législatifs ont été votés dans le sens de l’égalité entre les femmes et les hommes au travail… Pourtant les inégalités entre les hommes et les femmes, au travail comme dans la société en général, résistent aux évolutions sociales et législatives de ces dernières décennies.

– Le salaire des femmes est en moyenne de 20 % inférieur à celui des hommes
– 82 % des salariés à temps partiel sont des femmes
– Les retraites des femmes sont de 40 % inférieures à celles des hommes
– 2/3 des tâches ménagères et familiales sont assurées par les femmes.

Les résistances sont donc fortes pour que l’égalité formelle proclamée dans la loi devienne une égalité réelle pour toutes les femmes.
Pour les faire reculer, il faut comprendre que la place des femmes dans le marché du travail est lié à la place qu’elles ont (ou plutôt qu’elles n’ont pas) dans la vie politique, au sein de la famille, aux violences sexistes qu’elles continuent à subir… Pour déconstruire et combattre les inégalités au travail, c’est bien de domination patriarcale qu’il faut parler !